L’immobilier en 2020, une valse à trois temps



Le secteur a vécu, un peu comme nous, une année bien particulière marquée par les confinements et déconfinements. Entre morosité, inquiétudes et grands espoirs. Récit d’une année en trois temps.

Premier confinement

Après une année 2019 encourageante, notamment en termes du nombre de ventes, le marché entame 2020 sur la même lancée. Mais rapidement, l’inquiétude du coronavirus gagne du terrain. Mi-mars, le couperet tombe, les Belges vont devoir se confiner. Et l’immobilier en même temps. Tout est à l’arrêt. En seulement trois mois, le secteur a eu le temps de connaître une baisse d’activité importante. Selon le Baromètre des notaires, le volume du nombre de transactions a chuté de 7,9% entre le 1er janvier et le 29 mars. Le 2e trimestre confirme la tendance. Par rapport à cette même période en 2019, le nombre de transaction a diminué de 15,9%. Sur les six premiers mois de l’année, on en est à 10,7%. Il faut retourner à 2015 pour trouver un nombre aussi faible de transactions. Jusqu’au 11 mai, l’immobilier comme beaucoup de Belges ont été quelque peu moroses. Mais l’annonce du déconfinement offre une vague d’espoir.




On retrouve le sourire

Le confinement a un double effet sur le marché de l’immobilier résidentiel. Le premier ? Un boom dès la réouverture du secteur. Les agences immobilières se retrouvent débordées par le nombre de demandes de visites. Dans certains groupes, c’est pas moins de 2000 à 3000 visites qui sont planifiées par semaine. Une ruée qui se traduit dans les chiffres : +11,6% par rapport au 3e trimestre 2019. C’est bien simple, il n’y a jamais eu autant de transactions immobilières en juillet et en août qu’en 2020, selon les statistiques de la Fédération du notariat, qui enregistre ces données depuis 2007.



Les tendances ne sont néanmoins pas les mêmes partout dans le pays. En Flandre et en Wallonie, le nombre de transactions a augmenté d’environ 15% par rapport à août 2019. En région bruxelloise, c’est l’inverse ; -6%. Comme une grande majorité d’entre nous, les acquéreurs ont voulu retrouver la nature. C’est le deuxième effet du Covid-19. Le marché immobilier à la Côte belge s’est rapidement relevé du premier confinement avec une hausse constante du nombre de transactions de juin à septembre. Jusqu’à 30% en plus en septembre par rapport à 2019. Mis à part la Côte, le Brabant Wallon a également connu une hausse spectaculaire, expliqué par un souhait de retrouver des espaces verts à proximité immédiate de Bruxelles. La Jeune Province a d’ailleurs affiché la hausse des prix la plus importante du pays, à hauteur de 12%. Si la demande a quasi explosé après le confinement, elle n’a pas été compensée par une offre suffisante, que cela soit pour les maison mais aussi pour les appartements.

En Wallonie, la hausse de l’activité immobilière affiche un fier bilan de 30% en plus lors du mois de septembre ! L’emballement de l’été s’est confirmé lors de la rentrée mais n’a pas permis de combler la baisse d’activité du confinement. Sur l’ensemble du pays, le recul est de 3,5% lors des neufs premiers mois de 2020.




Vers une stabilisation

L’été indien a pris fin en octobre avec une baisse significative des transactions, de l’ordre de 19% en faisant la moyenne de toutes les provinces. Plus qu’un véritable échauffement du marché immobilier après le confinement, les experts parlent plutôt d’un effet de rattrapage qui a mis plusieurs mois à se produire. Les chiffres du dernier trimestre de cette année bien particulière confirment ce retour à l’équilibre. Les prix ont d’ailleurs tendance à se stabiliser. Sauf pour les biens les plus demandés, qui continuent à se vendre de plus en plus cher. Un phénomène qui s’explique par le peu d’impact qu’a eu le confinement sur les acquéreurs les plus aisés.

Quant aux biens neufs, ils n’arrivent pas en nombre sur le marché, la faute à des permis qui n’arrivent pas ou tardivement. On peut donc s’attendre à une hausse des prix de ceux-ci à terme. D’une manière générale, ING Belgique estime que la croissance des prix devrait être de 5% sur l’ensemble de l’année 2020. Et les perspectives pour 2021 sont nuancées. L’impact du 2e confinement pourrait toucher une certaine partie de la population jusque-là relativement épargnée. La récente hausse des prix couplée à la prolongation de la crise sanitaire devrait quelque peu refroidir le marché de l’immobilier.